Hameau and Co
En cas de grand-froid, l'éco-hameau Saint-François, créé par l'UDV et soutenu par le Secours Catholique, accueille les sans-abri pour la nuit. Ils sont amenés par les salariés de l'association SenDRA. Histoire d'une collaboration bien rodée entre associations.
76 personnes ont été orientées vers l'éco-Hameau Saint-François entre le 1er novembre et le 31 mars dernier pour y passer la nuit. Sur les hauteurs de Draguignan, la salle du hameau solidaire, qui abrite diverses activités le jour, se transforme en dortoir quand les températures chutent au-dessous de zéro. Ce seuil fixé par la préfecture tient compte de la particularité du département. Si les températures ici sont rarement très froides, c'est le grand écart entre les températures du jour et celles de la nuit qui met à mal les corps. L'alerte déclenchée 17 fois cette année par la DDETS sonne le signal. Entre midi et demi et 13h, les mails sont envoyés. Nicolas Jeune, le coordinateur du hameau, salarié du Secours Catholique, contacte alors via WhatsApp, le groupe de 25 bénévoles, impliqués dans l'action. Plus tard dans la journée entrent en scène les salariés de l'association SenDRA partenaire de l'UDV. L'équipe mobilité santé précarité composée d'une infirmière et d'un médiateur a déjà commencé sa maraude et, entre 19 h et 22 h, elle va chercher les sans-abri qui ont appelé le 115 et que le SIAO a orientés vers le hameau.
Entre 19 h et 22 h, l'un des bénévoles accueille les quatre sans-abri avec une boisson chaude. Jusqu'à l'heure du coucher, il va écouter et échanger avec les personnes accueillies. A 22 h, un autre bénévole prend le relais : il passera la nuit juste à côté, offrant ainsi une présence rassurante. A 8 h le lendemain, les lits de camp sont repliés et les hébergés reprennent le chemin de la rue.
L'équipe de SenDRA sera repassée pour voir si tout va bien, surtout quand elle pressent d'éventuelles difficultés ou inimitiés.
« C'est un public pas toujours facile, en situation de détresse mais c'est justement ça qui m'a touchée », précise Pauline, l'une des deux infirmières de SenDRA, pour expliquer son choix professionnel. « Et parce que c'est quelque chose qui a du sens », ajoute Nicolas Jeune qui finit la phrase de la jeune femme. Depuis 2019, date de la création du dispositif, les acteurs ont appris à se connaître. Stella, la coordinatrice des équipes mobiles, lance un sourire complice au coordinateur du hameau, avant d'évoquer le travail de jardinage entrepris sur une parcelle du terrain, réservée à la maraude. Et celui-ci se met à raconter comment avec une équipe de scouts, ils ont préparé une potée et une soupe qui ont été livrées avec la maraude. En plus de la mise à l'abri, c'est le partage et le lien qui sont au cœur de cette action. Certains sans-abri demandent à revenir ou viennent au repas de Noël ou aux activités du hameau. Les alertes ou les vigilances grand froid de la Préfecture sont alors loin, on vient ici parce qu'on y est bien.